Menu Close

Pourquoi le message « L’IA générative est 50 fois moins intelligente qu’un enfant de 4 ans » est tellement faux

Yann LeCun est le premier scientifique que j’ai cité lorsque j’ai écrit ma première recherche en IA, en 2018. Ses paroles ont été le début de mes présentations de 2019 à aujourd’hui.

Cependant, depuis quelques mois, j’observe un déclin. Tout d’abord, Meta a nettement perdu la compétition en IA. Ce qui a amené Yann LeCun à adopter un discours sceptique sur l’IA générative, alimentant le blocage de ceux qui cherchent des arguments pour ne pas se former en l’IA.

Malgré cela, j’ai continué à lui faire confiance.

Mais je pense qu’il faut ouvrir un débat sur ses paroles: « L’IA générative est 50 fois moins intelligente qu’un enfant de 4 ans »

Pourquoi ?

D’abord, parce que la manière de “penser” de l’IA n’a aucune ressemblance avec la pensée humaine, donc aucune comparaison n’est valide.

L’IA générative simule la pensée humaine.

Ce discours IA versus homme relève des ouvrages de science-fiction, pas du discours scientifique. Faut-il les entremêler ? À mon avis, non.

Ce que j’ai essayé de faire, c’était de détecter les effets de la “pensée algorithmique” sur les êtres humains. Si on passe plus de 2 heures sur les réseaux sociaux chaque jour, on va mener une interaction intense avec les algorithmes et leur façon de fonctionner va nous influencer, tout comme tout type d’environnement peut nous influencer.

Et les conclusions de ma recherche, que vous pouvez retrouver ici, montrent que les influenceurs, qui non seulement passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux mais aussi tentent de “plaire” aux algorithmes pour voir leurs publications sélectionnées et affichées, commencent à adopter un ”comportement algorithmique”.

Alors, au lieu de se concentrer sur la compétition entre l’humain et l’IA, on devrait se concentrer sur l’influence des algorithmes IA (nos partenaires, qui remplacent le deuxième de Lazarsfeld) sur nous, mais aussi sur notre influence sur les algorithmes, qui vont évoluer (ou involuer, d’où le terme de pollution) suite à nos actions en ligne (puisqu’ils ont été conçus pour répondre à nos attentes avant même que nous les exprimions).

Pourquoi ne faut-il pas se concentrer sur la compétition entre l’humain et l’IA ? D’abord, parce qu’il n’y a aucun terme de comparaison et que l’IA va dépasser les capacités humaines dans tous les domaines, non pas dans les 10 ans théoriques de Yann LeCun, mais dans moins de 5 ans (je dirais même trois). Voici pourquoi.

Que faire ? Terminer la thérapie : “L’IA n’est rien, dormez tranquille” et commencer très rapidement la formation sur l’IA, tout comme nous avons appris à utiliser Internet (et maintenant il est naturel de s’en servir).

Et oui, l’IA va nous dépasser. Notre téléphones nous a déjà dépassé, il peut communiquer à une distance inatteignable pour les êtres humains, notre voiture dépasse notre vitesse de déplacement. L’être humain a-t-il été diminué ? Oui. L’obésité physique a son correspondant dans l’obésité intellectuelle, l’un des dangers de l’IA. Mais on peut faire de la marche à pied, on peut laisser la voiture à la maison.

On peut arrêter la puce qui sera collée à la tempe. Tout comme on peut vivre 24 heures sans son téléphone mobile. Peut-on le faire ?

Oui, si nous cessons d’avoir peur et commençons à éduquer les algorithmes d’IA.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Page Reader Press Enter to Read Page Content Out Loud Press Enter to Pause or Restart Reading Page Content Out Loud Press Enter to Stop Reading Page Content Out Loud Screen Reader Support