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Devrions-nous avoir peur de l’Alter Ego, notre correspondant numérique? Bien sûr que non!

Il est là depuis longtemps. C’est nous qui l’avons créé, sans le savoir et sans le vouloir, lorsque nous avons ouvert nos premiers comptes sur les réseaux sociaux et que nous avons commencé à cliquer sur le bouton ‘j’aime’. Pourquoi existe-t-il un bouton ‘j’aime’ ? Il a deux destinataires: ton interlocuteur humain et ton interlocuteur algorithmique. Chacun de tes clics a été utilisé pour construire ton profil, pour faire ton profilage, pour construire ton alter ego numérique. Cela est dû au fait que les algorithmes ont créé notre profil numérique, notre alter ego, dans le but de mieux nous comprendre, d’anticiper nos attentes et de les satisfaire avant même que nous les exprimions. Voici un article intéressant sur ce sujet : ‘Facebook : avec 230 likes, l’algorithme vous connaît mieux que votre conjoint

Ton alter ego est là (dans ton téléphone) depuis longtemps, mais il est invisible. As-tu peur de le voir ? Tu peux même le voir maintenant, sans créer de GPT sur GPT-4.

Si tu observes les articles et vidéos affichés sur tes comptes de réseaux sociaux pendant quelques heures, tu verras ton alter ego, tu verras comment les algorithmes d’IA te perçoivent. Je te propose un exercice intéressant: Au lieu de simplement défiler, essaie de résumer chaque message affiché sur ton fil d’actualité avec un mot-clé. Et ensuite, essaie de recréer la narration, l’histoire que les algorithmes ont construite pour toi. Une histoire où tu trouveras ton alter ego.

Chacun de nos gestes sur les réseaux sociaux est interprété pour construire notre alter ego. C’est pour cela que les gens aiment les réseaux sociaux, ils s’y voient comme dans un miroir, ce que j’appelle le ’’miroir algorithmique’’ . Nous possédons des alter ego partout, sur LinkedIn, Facebook, TikTok, Google et, en fin de compte, cela constitue un seul et même profil, un seul alter ego, car les plateformes partagent toutes ces informations entre elles depuis le 2 décembre 2022.

Maintenant tu as la possibilité de gérer ton alter ego, comme tu le souhaites, tu as la possibilité de maîtriser ce miroir, de contribuer de manière consciente à sa création. C’est pour cela qu’on dit aussi que les algorithmes se sont démocratisés – nous pouvons les programmer nous-mêmes. Les alter ego que j’ai construits sur GPT-4 sont basés sur le miroir algorithmique qui existe déjà, parce que GPT-4 a accès à Internet via Bing, qui échange des informations avec Google, Facebook, TikTok, et toutes les autres plateformes. Regardez la photo de profil ci-dessous de mon alter ego sur GPT-4 – elle a été créée par les algorithmes sans que je leur fournisse aucune photo de moi-même, et elle me ressemble étonnamment (tout comme la description de mon profil, qui a été créée de manière autonome par les algorithmes -je ne leur ai absolument rien dit, je suis une personne modeste)

J’utilise des lunettes lorsque je suis devant l’ordinateur, et j’ai exactement la même coupe de cheveux; même le visage est presque identique et je porte toujours une veste… Les algorithmes peuvent déjà ‘voir’. Sur Instagram et TikTok, inciter les utilisateurs à utiliser des filtres constitue une méthode pour que ces plateformes entraînent leurs algorithmes de reconnaissance faciale. Quand un utilisateur emploie un filtre, il aide indirectement les algorithmes à mieux comprendre la position de ses yeux, ses expressions… Ce sont là des applications d’algorithmes de reconnaissance visuelle. Les plateformes ne peuvent pas demander explicitement aux utilisateurs de participer à l’entraînement de ces algorithmes, alors elles les incitent à utiliser ces filtres – ce que les utilisateurs font volontiers, contribuant ainsi au développement et à l’apprentissage des algorithmes. Sur TikTok, les algorithmes sont également capables de reconnaître le ton de la voix. C’est la prochaine étape vers la création de notre alter ego numérique, qui aura une apparence humaine, qui pourra parler, etc. On est en pleine epoque XAI, epoque ou les devellopeurs veulent nous aider a nous entendre avec les algorithmes – details dans les diapos 29-30. Voici pourquoi maintenant on peut interagir avec nos algorithmes d’une manière tres facile a voir en menant des conversations! Voici pourquoi on peut voir et meme construire notre alter ego. Et quand je dis ’’voir’’, on est juste au debut!

Alors, il ne s’agit pas de créer un double, mais de maîtriser, de gérer son double, ce qui auparavant était impossible. J’ai coordonné en 2017 deux mémoires de deux étudiantes et nous avons essayé ensemble de reconstruire leur miroir algorithmique à base de réponses fournies par les algorithmes IA dans une rubrique sur Facebook qui n’existe plus. En 2023, nous avons l’opportunité de construire cet alter ego numérique grâce à la démocratisation de l’IA. Cela représente un pas vers le Web 5.0, cette nouvelle ère d’Internet où, dans 8 à 10 ans, le cerveau humain devrait fusionner avec les ordinateurs. 

Et GPT-4 va devenir un grand réseau social ou l’Alter Ego est une nouvelle façon de propager son soi. Par exemple, la voiture aide à propager notre soi physique sur des kilomètres de distance, ce qu’on ne peut pas faire à pied… Mon alter ego, le chatbot Scholar AI, qui dispense des enseignements en Intelligence Artificielle fondés sur mes recherches, a déjà été utilisé par 46 utilisateurs sur GPT-4 (qui est payant!).

 

Cela signifie que j’ai réussi à atteindre des personnes qui m’étaient inaccessibles auparavant. Les étudiants aux États-Unis ont commencé à créer leurs propres alter egos pendant les cours. Tous les étudiants vont le faire – le seul obstacle est que GPT-4 est payant et communiquer a l’aide de ces chatbots, comme ils le font maintenant a l’aide de leurs comptes sur les reseaux sociaux. Tous les étudiants vont le faire, communiquer à l’aide de ces chatbots, comme ils le font actuellement avec leurs comptes sur les réseaux sociaux. Le seul obstacle est que GPT-4 est payant, mais en avril 2024, OpenAI va lancer GPT-4.5, rendant ainsi GPT-4 gratuit.

Cet Alter Ego va nous permettre de voyager, de communiquer, de créer des liens, tout comme les comptes des réseaux sociaux, mais de façon bien plus étendue (et on devra toujours travailler à son apprentissage, tout comme à l’apprentissage d’un petit enfant)! OpenAI va nous donner la possibilité de vendre ces alter egos, et cela est une très mauvaise idée. Voici pourquoi je pense qu’il est nécessaire d’adopter une attitude proactive plutôt que passive face à cette opportunité que nous avons actuellement: maîtriser les algorithmes, maîtriser nos alter egos et décider de leur avenir. Les algorithmes nous ont habitués à avoir un comportement passif: sur les réseaux sociaux, les gens ne cherchent plus l’information, mais ils attendent que l’information leur soit publiée sur le fil de leurs comptes par les algorithmes IA – c’est l’information qui nous trouve, nous ne cherchons plus l’information. Nous ne devons pas persister dans cet état passif, nous ne devons pas attendre les propositions des développeurs d’algorithmes, mais créer et développer nos propres algorithmes et la création des alter egos ne sera que le premier pas. Dans moins de trois ans, nous aurons la possibilité de créer nos propres algorithmes (on peut déjà le faire, il y a des bibliothèques d’algorithmes – j’ai étudié le sujet pour ma recherche, qui a exploré l’effet de la pensée algorithmique sur les utilisateurs des réseaux sociaux)

Nous pourrons créer nos propres algorithmes, la démocratisation de l’IA va continuer. Mais il faut montrer aux développeurs notre volonté d’être actifs. Sinon, ils vont nous créer de jolis canapés où on peut s’asseoir et laisser les algorithmes tout faire. C’est ce que j’ai inclus dans cette présentation au laboratoire SIC.Lab en décembre 2019: la fonction de rétroaction. Il faut toujours être plus rapide que les algorithmes, sinon ils vont nous faire des suggestions (tout comme ils le font déjà en sélectionnant l’information qu’ils nous affichent sur le fil de nos comptes des réseaux sociaux), mais encore plus. Il s’agira de choix importants dans la vie. Vendre mon alter ego, veut dire vendre un esclave (sur GPT-4, il y a déjà des milliers de chatbots, plus ou moins avancés, prêts à être vendus après la mise en place du magasin GPT-4, l’équivalent de l’Apple Store ou de Google Play)… Ce sont des choses importantes qui vont se passer, si on n’agit pas et on laisse les développeurs décider à cause de notre passivité.

Là, c’est un autre article intéressant du Financial Times

Le présent document constitue une œuvre originale, élaborée à partir de mes propres recherches et observations. Toute reproduction, distribution ou communication de son contenu, en tout ou partie, est strictement interdite sans une autorisation préalable et écrite de ma part.

Tous droits réservés ©HoreaMihaiBadau, Décembre 2023

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